Les couturiers masqués

12 mai 2020Charlotte Bourillon

Depuis le début du confinement, j’ai passé environ 5 semaines sans sortir de chez moi. On a essayé de trouver des occupations. J’ai essayé des nouvelles recettes, j’ai fait de la peinture, j’ai fait du sport et je parlais avec ma famille et mes amis qui vivent ailleurs qu’en France.

Après j’ai su qu’il avait une association à La Riche que se mobilisait pour faire des masques en tissus et les livrer aux habitants de la ville. Grâce à ma tutrice, j’ai pu m’inscrire pour aller aider à fabriquer des masques, donc, tous les matins depuis 3 semaines je sors de chez moi, je mets mon petit masque et je vais à la Mairie de La Riche pour couper des carrés de tissus, pour repasser ou plier les masques ou simplement pour les conditionner à la fin, avant qu’ils soient livrés aux gens.

Je ne sais coudre à la machine du coup j’aide à faire d’autres tâches, mais il y a toujours du travail et c’est toujours fatigant. La fabrication des masques est organisée comme une chaine dans une usine, en respectant bien sûr les mesures sanitaires. Quand on arrive on lave nos mains, on les désinfecte et on met des plastiques sur nos chaussures avant de rentrer dans la salle où on fait la fabrication. En parallèle de la fabrication sur place, il y a aussi des gens qui ramènent le tissus et les cordons chez eux et fabriquent les masques à la maison.  

Dans la salle de fabrication nous sommes toujours loin des autres et il y a différentes tâches à faire. On coupe les t-shirts ou des élastiques pour faire des cordons pour les masques, on coupe les grosses manches de tissus pour après les assembler et les couper en carrés, on fait le pliage et le repassage des masques avant qu’ils soient chauffés et lavés, on fait le conditionnement et la distribution des masques aux gens qui les délivrent et on écoute, tout le temps, les machines à coudre qui n’arrêtent jamais de travailler. Au milieu de la matinée, on fait une pause pour nettoyer nos postes, on boit un petit café et après on change de poste pour ne pas passer trop de temps en train de faire la même tâche.

Tout le monde est très sympa. Les organisateurs sont toujours heureux et nous motivent et j’ai pu rencontrer des belles personnes pendant mon bénévolat. J’ai pu aussi partager des belles histoires entre masques, même en sachant que le son n’était pas toujours clair avec les masques devant nos bouches. Ça m’a fait plaisir de pouvoir rester utile et engagée pendant ce moment assez difficile et bizarre et ça m’a permis aussi de redécouvrir que, malgré les difficultés qu’on rencontre dans nos vies, il y a toujours, partout, des gens qui continue à faire du bien et à changer le monde un petit peu à chaque jour. C’était fraichement un plaisir de faire partie des couturiers masqués.

Prev Post Next Post