Mon premier tour d’Europe

19 mars 2020Charlotte Bourillon

Jeudi 27 février c’était, peut-être, le jour le plus joyeux de mon séjour en France. J’ai mis en place un spectacle avec 90 enfants du Centre de Loisirs de La Riche, entre 3 et 12 ans, sur le thème des différentes cultures européennes. J’avais peur. Peur de ne pas réussir, peur de ne pas me faire comprendre et peur que les enfants ne s’amusent pas ou que les familles ne soient pas contentes.

En tant qu’ « Ambassadrice de l’Interculturalité », à La Riche je suis responsable de l’organisation d’événements, activités ou projets ayant pour objectif de promouvoir l’ouverture d’esprit, la tolérance et les bénéfices d’une société multiculturelle et inclusive. C’était ça le but de préparer un spectacle autour des différentes cultures avec les enfants de La Riche, une ville déjà multiculturelle où il y a un besoin de faire se rencontrer des gens et de combattre l’isolement.

Mon travail au Centre de Loisirs pendant les vacances d’hiver était de coordonner les animateurs des différentes sections et de faire des suggestions quand ils avaient besoin d’un coup de main. En plus, j’ai parlé aux enfants des sujets qui les touchent et sur lesquels ils avaient beaucoup de questions : le racisme, d’où vient-il ? pourquoi existe-il ? ; la discrimination ; la migration ; l’intégration. En tant que volontaires on n’a pas toujours la sensation d’avoir rendu un service, d’avoir changé quelqu’un, ou bien d’avoir laissé notre marque et un impact positif. Avec les enfants, par compte, cette sensation est automatique. Parce qu’ils n’ont pas de filtre, ils disent tout. Ils sont plus à l’aise avec le fait de poser des questions, d’exprimer des doutes, d’oser répondre sans savoir, de découvrir et de dire, surtout, « merci, tu m’as aidé ».

Rétrospectivement, c’est à moi de remercier. Avec les enfants, j’ai appris qu’ils ont tous besoin de la même chose : un lieu dans le monde, une voix et quelqu’un ou quelqu’une que les écoute. Avec les animateurs, j’ai appris la signification de « défendre les plus petits », que ce soit les enfants ou les adultes. Il y a toujours quelqu’un qui a besoin de nous. Et il faut de l’humilité, de la solidarité et aussi de l’humour, qualités qu’ont ces animateurs pour se donner aux autres.

Ce fut la plus belle leçon que j’ai rapporté du Centre de Loisirs. Et c’est pourquoi j’étais triste quand j’ai dû partir. L’autre jour, un des enfants m’a rencontré dans la rue et m’a demandé quand je revenais à Tot’Aime. Je ne sais pas encore. Mais nous retournons toujours à l’endroit où nous sommes attendus.  

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